Publié le

1 févr. 2024

Méningite

Personne souffrant d'une méningite

Introduction

La méningite est une inflammation des méninges, les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Elle peut être virale (la plus fréquente et la plus bénigne), bactérienne (rare mais grave, urgence vitale), parasitaire, fongique ou inflammatoire. La méningite bactérienne, en particulier à méningocoque ou pneumocoque, est une urgence absolue : sans traitement précoce, elle peut être mortelle en quelques heures ou laisser de lourdes séquelles. La triade classique associe fièvre, céphalées intenses et raideur de la nuque.

Si vous suspectez une méningite chez vous ou un proche, composez immédiatement le 144. La méningite bactérienne ne se traite pas à domicile. Contactez aussi votre médecin traitant en parallèle ou Docadom au 021 845 45 45 ou via notre application (App Store, Google Play) pour avis et orientation.

Qui risque d’en souffrir ?

Les groupes les plus exposés sont les nourrissons, les enfants, les adolescents et les jeunes adultes(méningite à méningocoque), les personnes âgées et les immunodéprimés (pneumocoque, listéria), les patients atteints de déficit splénique, de cancer, de VIH, sous chimiothérapie ou corticothérapie. La vie en collectivité fermée (internat, caserne, foyer, université), les voyages en zone d’endémie (ceinture africaine de la méningite) et les contacts avec un cas augmentent le risque.

Symptômes de la méningite

Le tableau classique associe trois signes mais peut être très trompeur, en particulier chez le nourrisson, la personne âgée ou l’immunodéprimé.

Principaux symptômes (triade classique)

  • Fièvre élevée, souvent brutale, > 38,5 °C, avec frissons.

  • Céphalées intenses, en casque, résistantes aux antalgiques habituels.

  • Raideur de la nuque : impossibilité ou douleur à fléchir le cou.

Autres signes à rechercher

  • Photophobie (gêne à la lumière) et phonophobie.

  • Nausées, vomissements « en jet ».

  • Troubles de la conscience : confusion, somnolence, coma.

  • Convulsions.

  • Signes neurologiques focaux (paralysie, troubles du langage).

  • Purpura : taches rouges ou violacées ne s’effaçant pas à la pression — signe d’extrême gravité évoquant une purpura fulminans à méningocoque.

  • Chez le nourrisson : refus de manger, somnolence, bombement de la fontanelle, irritabilité, geignements, hypotonie.

  • Chez la personne âgée : confusion isolée, somnolence, fièvre parfois modérée, signes méningés souvent atténués.

Quand consulter en urgence ?

Toute suspicion de méningite est une urgence vitale absolue :

  • Association fièvre + maux de tête intenses + raideur de la nuque — appelez immédiatement le 144.

  • Apparition d’un purpura, surtout s’il s’étend rapidement (purpura fulminans).

  • Troubles de la conscience, convulsions, signes neurologiques.

  • Suspicion de méningite chez un nourrisson, un enfant, une personne âgée, un immunodéprimé.

  • Contact récent avec un cas de méningite.

Que faire avant l’arrivée des secours ? N’attendez pas. Si vous avez de l’amoxicilline ou de la ceftriaxone sur place sur prescription d’un médecin (très rare à domicile), elle peut être administrée. Allongez la personne, gardez-la au calme et au chaud, surveillez la conscience et la respiration. Si vous appelez Docadom au 021 845 45 45 ou utilisez notre application, mentionnez impérativement les signes méningés afin d’obtenir une orientation immédiate vers les urgences hospitalières. Le délai d’administration d’antibiotiques conditionne le pronostic.

Causes de la méningite

Méningite virale

La plus fréquente (70-80 % des cas). Les principaux virus sont les entérovirus, le virus des oreillons, le virus de l’herpès (HSV), le VIH, les arbovirus. Le tableau est généralement bénin, avec guérison spontanée en quelques jours. L’encéphalite herpétique est l’exception : urgence neurologique.

Méningite bactérienne

Plus rare mais beaucoup plus grave. Les germes varient selon l’âge :

  • Nouveau-né : Streptocoque B, E. coli, Listeria.

  • Enfant et jeune adulte : Méningocoque (Neisseria meningitidis) en premier lieu, pneumocoque, Haemophilus influenzae.

  • Adulte et personne âgée : pneumocoque en premier lieu, méningocoque, Listeria (> 50 ans, immunodépression, grossesse).

  • Méningite tuberculeuse : évolution subaiguë.

Autres causes

Méningites parasitaires ou fongiques (cryptococcose chez l’immunodéprimé), méningites néoplasiques, méningites inflammatoires (sarcoïdose, lupus), méningites médicamenteuses (AINS, antibiotiques, immunoglobulines).

Diagnostic de la méningite

Le diagnostic repose sur l’examen clinique et la ponction lombaire.

Méthodes de diagnostic

  • Anamnèse et examen clinique : recherche de la triade, examen neurologique complet, recherche d’un purpura.

  • Ponction lombaire : examen de référence, à réaliser en urgence. Analyse du liquide céphalo-rachidien (LCR) : cytologie, biochimie, examen direct, culture, PCR.

  • Hémocultures avant antibiothérapie.

  • Bilan biologique : NFS, CRP, ionogramme, glycémie, lactates.

  • Scanner cérébral avant ponction lombaire en cas de signes neurologiques focaux ou de troubles de conscience.

  • PCR multiplex sur LCR : détecte rapidement les principaux pathogènes.

Diagnostics alternatifs

  • Hémorragie sous-arachnoïdienne : céphalée brutale, en coup de tonnerre.

  • Encéphalite isolée.

  • Migraine sévère.

  • Sinusite sphénoïdale, abcès cérébral.

  • Méningisme (syndrome méningé sans inflammation des méninges) au cours d’une pneumonie ou d’une pyélonéphrite.

Traitement de la méningite

Méningite bactérienne (urgence vitale)

L’antibiothérapie doit être débutée dans l’heure qui suit l’admission. Ceftriaxone ou céfotaxime sont utilisées en première intention, associées à amoxicilline en cas de suspicion de listéria. La dexaméthasone est administrée précocement en cas de suspicion de pneumocoque. La durée du traitement varie de 7 à 21 jours selon le germe. Une hospitalisation en réanimation est souvent nécessaire.

Méningite virale

Le traitement est essentiellement symptomatique : antalgiques, antiémétiques, hydratation. L’aciclovirintraveineux est indiqué en cas de suspicion d’encéphalite herpétique. La guérison est généralement complète en 7 à 10 jours.

Antibioprophylaxie des contacts

En cas de méningite à méningocoque, les contacts proches doivent recevoir une antibioprophylaxie par rifampicine (ou ciprofloxacine, ceftriaxone) dans les 24 à 48 heures. La déclaration aux autorités sanitaires est obligatoire.

Prévention de la méningite

  • Vaccinations : pneumocoque, méningocoque (B, C, ACWY), Haemophilus influenzae, ROR, BCG selon recommandations.

  • Vaccin méningococcique ACWY exigé pour le pèlerinage à La Mecque et recommandé en zone d’endémie africaine.

  • Antibioprophylaxie des sujets contacts en cas de méningite à méningocoque.

  • Hygiène respiratoire (lavage des mains, port du masque) en collectivité.

  • Limiter les contacts rapprochés avec une personne malade.

  • Surveillance et traitement précoce des infections ORL (sinusites, otites, mastoïdites).

Complications possibles

Les complications dépendent du germe et de la rapidité du traitement. La mortalité de la méningite à méningocoque atteint 10-15 %, celle du pneumocoque 20-30 %. Les séquelles touchent 10 à 30 % des survivants : surdité, déficits neurologiques, épilepsie, retard psychomoteur, troubles cognitifs, amputations(purpura fulminans). Des récidives peuvent survenir en cas de brèche méningée ou de déficit immunitaire. Le purpura fulminans est une urgence vitale absolue avec choc septique et coagulation intravasculaire disséminée.

Quand contacter un médecin pour une suspicion de méningite

Toute suspicion de méningite est une urgence vitale qui justifie un appel immédiat au 144 :

  • Composez immédiatement le 144 en présence de la triade fièvre + céphalées intenses + raideur de la nuque, ou de tout signe d’extrême gravité (purpura, confusion, convulsions, troubles de la conscience).

  • Contactez votre médecin traitant en parallèle s’il est joignable, ou Docadom au 021 845 45 45 ou via notre application mobile (App Store, Google Play) pour orientation et soutien.

  • Ne tentez pas de traiter à domicile : la méningite bactérienne nécessite une prise en charge hospitalière immédiate.

Conclusion : reconnaître vite, traiter vite

La méningite est une affection rare mais potentiellement gravissime. Elle se caractérise par une fièvre, des céphalées intenses et une raideur de la nuque, parfois associées à un purpura ou à des troubles de la conscience, qui peuvent entraîner des complications comme la mort en quelques heures, des séquelles neurologiques, une surdité ou un purpura fulminans. La vaccination et la reconnaissance précoce sont essentielles : tout retard de prise en charge expose à des conséquences dramatiques.

Au moindre doute, composez le 144. En parallèle, votre médecin traitant ou Docadom (021 845 45 45, application mobile sur App Store et Google Play) peuvent vous conseiller et accompagner les démarches.

Illustration de services médicaux à domicile